Le but principal est de vous faire plaisir, mais…

person Posté par: Alexandre list Dans: TRUCS ET ASTUCES Sur: comment Commentaire: 0 favorite Frappé: 305

L’art de la dégustation de spiritueux est un art complexe auquel il est préférable de s’initier même si vous entendrez dire de la part de bon nombre de professionnels : « buvez-le comme il vous plait !».

Cette phrase est certainement la plus hypocrite qui soit prononcée par les « Malteux ». En effet, si comme dans Peter Pan où une fée meurt à chaque fois que quelqu’un prétend ne pas croire aux fées, un fût disparait dès qu’un professionnel des spiritueux vous sort que : « le principal est de déguster votre verre comme vous l’aimez », je pense qu’un peu plus d’honnêteté sortirait de leur bouche et qu’un peu moins de glaçons entreraient dans les vôtres…

Mais il faut en convenir, cette hypocrisie s’arrête là où le « mais…» intervient. Car il y a toujours un « mais » qui précède ce conseil hypocrite afin de vous faire comprendre que : « pour réellement apprécier un bon whisky il vaut mieux… », « pour révéler pleinement les caractéristiques organoleptiques, il est préférable de… » ; En bref, oui, il y a certaines règles à prendre en compte :

1- Choisir son verre

Certes, on a vu à mille reprises sur grands et petits écrans, cow-boys, espions et autres financiers ingurgiter, la plupart du temps cul-sec, leur tumblers, ces godets larges et trapus, souvent en cristal taillé. Mais ce verre, même s’il est attirant et qu’il peut « faire le taff » sur votre photo de profil, est plutôt à proscrire. En effet, on va tenter de privilégier un verre en forme de tulipe. Les deux plus prisés des professionnels de la dégustation et des masters blenders sont : la Copita (ou nosing glass) et le Glencairn. On les préfèrera transparent… j’arriverai à vous convaincre si ce n’est déjà fait car la couleur et l’aspect de la robe du whisky ont une réelle importance lors d’une dégustation.

Pour commencer mon argumentation (je la terminerai dans un prochain article), je prendrai exemple sur le vin. Je pense que beaucoup d’entre vous en ont déjà bu un verre dans un gobelet en plastique blanc, vous avouerez que c’est plus appréciable dans un beau verre à vin.

2- Le faire tourner

Prenez votre verre (n’hésitez pas à relire le premier paragraphe afin de ne pas vous tromper de verre) par le pied et faites glisser le spiritueux sur la paroi de ce dernier, grâce à un ou plusieurs petits mouvements circulaires. Vous pourrez ainsi admirer : la couleur du whisky et les jambes qu’il laisse sur la paroi. La couleur vous renseignera sur le type de fût utilisé, les jambes, elles, sur la puissance alcoolique du breuvage que vous vous apprêtez à…

3- Renifler

Pas de cul-sec on a dit ! C’est parce que l’essentiel de l’évaluation d’un whisky se fait grâce au « pif » que l’on surnomme « nez » les professionnels de la dégustion. Si la peur d’une honte gigantesque vous prend au moment de renifler votre verre face à quelques clients ou d’illustres inconnus, n’hésitez pas à regarder les vidéos du Master Blender le plus célèbre d’Écosse, « The Nose », j’ai nommé le tonitruant Richard Patterson. Vous n’aurez plus jamais honte après avoir vu ça.

Vidéo

Vous n’êtes pas non plus obligé de l’imiter complètement (vous comprendrez rapidement pourquoi après avoir visionné la vidéo ci-dessus…).

4- Déguster

Le nez est un travail préparatif indispensable avant d’en arriver à l’étape de la dégustation. Testez l’expérience, le nez bouché, de distinguer une tequila d’un Macallan Fine Oak 30 ans, vous verrez que ce n’est pas si facile. Vos papilles seront donc déjà sur le qui-vive et pleinement émoustillées par ces préliminaires. Il est alors grand temps, comme après chaque préliminaires, de passer aux choses sérieuses (si vous voyez ce que je veux dire…). Et comme toutes ces « choses sérieuses », profitez-en un max. Faites rouler le whisky sur la langue, une toute petite dose. Sentez son côté soyeux, puis finissez par le faire descendre pour monter au 7e ciel. S’il vous parait trop puissant et que vous avez du mal à en percevoir les différents goûts en bouche, permettez-vous alors d’…

5- Ajouter

Je ne parle pas de glaçon pardi ! Voyez ce que Richard Patterson en fait des glaçons si ce n’est déjà fait. Je parle d’eau, de gouttes d’eau, qui contrairement à la glace qui altère le goût de votre whisky en rendant ses caractéristiques organoleptiques moins perceptibles vont permettre de l’ouvrir. C’est à dire, faire disparaitre plus rapidement les effluves d’alcool en faisant descendre le titrage alcoolique jusqu’à 35 ou 40% (beaucoup de whisky haut de gamme titre bien plus de 40%, certains peuvent afficher un bon 68%, oui, oui…) et ainsi rendre plus perceptible les autres arômes. Il ne s’agit en aucun cas de diluer votre whisky, mais la quantité d’eau à ajouter dépend, vous l’aurez compris, du degré de départ de la bouteille que vous vous apprêtez à boire (quand je dis la bouteille on s’est compris). Une petite goutte suffira sur un whisky titrant 40%, trois ou quatre seront plus adaptées sur un brut de fût à 60%. Privilégiez dans ce cas, une eau minérale la plus pure possible. Il existe des eaux spéciales, seulement il est préférable de jouer au loto avant de commander la bouteille de 10 cl. Si vous n’êtes pas fan du loto, une eau Volvic fera l’affaire.

6- Y revenir, encore et encore…

Les beaux souvenirs font les plus grands plaisirs. Essayez ainsi d’imprimer dans votre mémoire le goût si singulier du breuvage qui vous a convaincu sur les étapes précédentes. La finale est faite pour imprimer ses souvenirs. Mais elle peut être frustrante, parce que toujours trop courte, quel que soit sa durée. Profitez alors des notes de fonds qui persiste dans le verre encore quelques minutes après la dégustation. Et si tout ça ne suffit pas, resservez-vous un verre, mais JUSTE UN DOIGT !

Mots clés: whisky astuce détente

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